Le Coup de Cœur Preppy 5 : Le sauvetage d’Anémone et Belle
Derrière chaque sauvetage se cache une histoire, mais aussi une multitude de chemins possibles vers une nouvelle vie. Avec Équin Serein, Perrine et son équipe accueillent et accompagnent des animaux qui ont besoin d’une seconde chance, en plaçant leur bien-être et leurs besoins fondamentaux au cœur de leur prise en charge.
Créée fin 2024, l’association œuvre notamment auprès de chevaux et poneys âgés, malades ou en situation de vulnérabilité. Dans cette première partie de notre Coup de Cœur, Perrine nous raconte les histoires d’Anémone et Belle, deux ponettes dont les parcours sont très différents, mais qui ont toutes deux trouvé auprès d’Équin Serein un cadre où elles ont pu retrouver sécurité, soins et tranquillité.
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🌿 Perrine & Équin Serein
Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous raconter votre parcours avec les chevaux et les animaux ?
Je m’appelle Perrine Van Sinaey, j’ai 28 ans et j’ai fondé l’association Équin Serein fin 2024, avec mon conjoint, qui en est le vice-président, et ma maman, qui en est la trésorière.
Mon parcours avec les chevaux a commencé de manière assez classique. J’ai commencé à monter en club lorsque j’étais enfant, puis, vers 15 ans, j’ai rejoint une écurie beaucoup plus tournée vers l’équitation d’extérieur, où j’ai notamment pu prendre un cheval en demi-pension.
Dès que j’ai été majeure, il y a maintenant une dizaine d’années, j’ai acheté mon premier cheval, Vasco.
Et finalement, je crois que c’est vraiment lui qui a changé ma vision des chevaux. Avec lui, j’ai compris que je connaissais l’équitation, mais que je connaissais finalement assez peu le cheval en tant qu’animal.
Les débuts ont été assez compliqués et ça m’a obligée à énormément me remettre en question, à chercher, à me former et surtout à essayer de mieux le comprendre.
C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à m’interroger sur les conditions de vie que nous proposons aux chevaux. Je me suis rendu compte que le monde équestre était encore très souvent organisé autour de notre pratique et de nos besoins à nous, humains, alors que les besoins fondamentaux du cheval peuvent parfois passer au second plan.
Comme j’avais beaucoup de mal à trouver une structure qui corresponde réellement à ce que je recherchais pour Vasco, j’ai fini par prendre une prairie en autogestion et par l’aménager en paddock paradise. Et puisqu’un cheval ne doit pas vivre seul, j’ai cherché un compagnon pour lui.
C’est comme ça que Prince est arrivé dans ma vie. C’était un cheval âgé, retraité de club, qui cherchait simplement un endroit où passer une retraite paisible.
Je ne le savais pas encore, mais son arrivée allait finalement être le point de départ d’une succession de rencontres et de prises en charge qui nous conduiraient, quelques années plus tard, à créer Équin Serein.
Quelle place les chevaux ont-ils occupée dans votre vie avant Équin Serein ?
Avant Équin Serein, les chevaux occupaient déjà une place très importante dans ma vie, mais ma relation avec eux avait beaucoup évolué au fil des années.
L’arrivée de Vasco m’avait notamment poussée à m’intéresser beaucoup plus au cheval en tant qu’animal : ses besoins fondamentaux, son comportement, son mode de vie, ses interactions sociales…
Je me suis rendu compte qu’il pouvait parfois y avoir un véritable décalage entre ce dont un cheval a besoin pour son bien-être et ce que nous lui proposons traditionnellement pour faciliter notre pratique de l’équitation.
Cette réflexion a pris suffisamment de place dans ma vie pour que je décide de me former professionnellement. J’ai notamment passé un bac professionnel Conduite et Gestion d’une Entreprise Hippique, avec à l’époque un projet assez précis : créer une pension dans le sud de l’Oise qui placerait les besoins fondamentaux des chevaux au centre de son fonctionnement, sur un modèle de type écurie active ou équi-pistes.
Malheureusement, je me suis rapidement heurtée à une difficulté très concrète : le foncier. Trouver suffisamment de terrain pour créer ce type de structure dans cette région était extrêmement compliqué et le projet n’a finalement pas pu voir le jour comme je l’avais imaginé.
Mais toute cette réflexion et les formations que j’ai suivies n’ont pas été perdues. Au contraire, elles ont complètement changé ma manière de voir les chevaux et de m’en occuper.
Et finalement, même si le projet de pension n’a pas abouti, cette volonté de proposer aux animaux un mode de vie davantage adapté à leurs besoins s’est retrouvée quelques années plus tard au cœur du projet d’Équin Serein.
Comment vous est venue l’idée de créer Équin Serein ? Y a-t-il eu un moment ou un animal qui vous a particulièrement donné envie de vous lancer dans cette aventure ?
Je dirais qu’il n’y a pas eu un seul moment précis, mais plutôt une succession de rencontres qui ont progressivement rendu la création de l’association évidente.
Prince a probablement été le premier déclencheur. En cherchant simplement un compagnon pour Vasco, j’ai découvert à quel point il était facile de trouver des chevaux âgés, retraités ou ayant des problèmes de santé dont les propriétaires cherchaient à se séparer.
Après son arrivée, j’ai commencé à être régulièrement contactée pour d’autres animaux. J’ai accueilli des oies, puis une ânesse initialement en famille d’accueil avant d’être officiellement confiée à notre association, des cochons… Et les demandes sont devenues de plus en plus nombreuses.
C’est à ce moment-là que j’ai été confrontée à une réalité assez difficile : lorsqu’un animal, et particulièrement un cheval, vieillit, tombe malade ou n’est simplement plus « utile », son avenir peut devenir très incertain.
Évidemment, ce n’est heureusement pas le cas de tous les propriétaires, mais les situations que je voyais passer étaient suffisamment nombreuses pour me donner envie d’agir.
À titre personnel, il devenait aussi de plus en plus compliqué de répondre à toutes ces demandes. Et surtout, même lorsque je ne pouvais pas accueillir un animal moi-même, j’avais envie de pouvoir faire quelque chose : accompagner les propriétaires, rechercher une famille, organiser un placement ou intervenir dans les situations les plus urgentes.
Nous avons donc compris qu’il fallait donner un cadre officiel à ce que nous faisions déjà.
C’est ainsi qu’Équin Serein est née fin 2024, avec l’idée de pouvoir prendre en charge certains animaux qui en ont réellement besoin, mais aussi d’essayer de trouver des solutions avant que certaines situations ne deviennent dramatiques.
🐴 Anémone : retrouver le goût de vivre
Vous nous avez parlé d’Anémone, votre dernier sauvetage. Pouvez-vous nous raconter son histoire et nous expliquer comment vous avez découvert son existence ?
Anémone est arrivée jusqu’à nous à la suite d’un signalement que nous avons reçu dans le village où se trouvait à l’époque le siège de l’association.
On nous avait signalé une petite ponette qui vivait avec des moutons dans un parc et qui semblait avoir besoin de soins urgents.
Lorsque nous sommes allés la voir, nous avons découvert Anémone avec des pieds extrêmement longs et avons rapidement compris qu’une prise en charge était nécessaire.
Nous avons donc pris contact avec ses propriétaires pour essayer de comprendre la situation et trouver une solution. Ils ont accepté que nous la prenions en charge et nous avons commencé à les accompagner pour préparer progressivement son arrivée à l’association.
C’est d’ailleurs en échangeant avec eux au sujet d’Anémone que nous avons découvert l’existence de Belle, une autre ponette qui avait vécu plusieurs années avec elle, mais qui se trouvait alors dans un autre lieu et dans une situation elle aussi très préoccupante.
Son histoire était cependant très différente de celle d’Anémone.
Lorsque vous l’avez rencontrée pour la première fois, dans quel état était-elle et qu’est-ce qui vous a le plus marquée chez elle ?
Ce qui m’a évidemment marquée en premier, ce sont ses pieds. Ils étaient devenus tellement longs qu’ils avaient complètement modifié sa manière de se déplacer.
Anémone avait énormément de difficultés à marcher et avait fini par ne quasiment plus bouger.
C’était assez impressionnant de se dire qu’un problème qui aurait pu être évité avec un suivi régulier avait pu évoluer jusqu’à avoir autant de conséquences sur sa vie quotidienne.
Mais il y avait aussi son attitude. Anémone était une ponette très vigilante, qui ne se détendait jamais vraiment. Elle gardait constamment une certaine distance avec l’humain et pouvait parfois sembler avoir un caractère assez difficile.
Avec le recul et surtout en voyant la ponette qu’elle devient aujourd’hui, je pense qu’il s’agissait beaucoup plus d’un mécanisme de protection que de son véritable caractère.
Elle ne faisait tout simplement pas suffisamment confiance pour se permettre de lâcher prise.

Une fois arrivée au refuge, avez-vous eu l’impression qu’Anémone comprenait rapidement qu’elle était enfin dans un endroit où elle était en sécurité ?
Je pense qu’il faut vraiment distinguer deux choses : le sentiment de sécurité qu’elle a retrouvé auprès des autres équidés et la confiance envers l’humain.
Lorsqu’Anémone est arrivée, Belle était déjà avec nous depuis quelques mois. Elles avaient vécu ensemble pendant plusieurs années avant d’être séparées et j’ai vraiment eu l’impression qu’elles se sont reconnues immédiatement.
On a senti qu’Anémone était très heureuse de la retrouver et surtout énormément rassurée. Elle qui vivait seule retrouvait soudain une ponette qu’elle connaissait parfaitement.
Je pense que ces retrouvailles ont énormément facilité son arrivée chez nous et lui ont permis de retrouver très rapidement certains repères.
En revanche, si elle s’est rapidement sentie rassurée par la présence de Belle et des autres équidés, construire une véritable confiance envers l’humain lui a demandé beaucoup plus de temps.
Quels ont été les premiers petits signes qui vous ont montré qu’elle allait mieux ?
Pour Anémone, les premiers signes ont été très physiques.
Nous avons rapidement fait intervenir différents professionnels de santé et nous avons notamment réalisé des radiographies de ses pieds. Elles étaient importantes pour savoir exactement ce qui se passait à l’intérieur et pouvoir mettre en place des parages réellement adaptés à sa situation, notamment parce qu’elle avait souffert de fourbure.
Et finalement, les premiers résultats sont arrivés assez rapidement. Nous l’avons vue recommencer à marcher de plus en plus correctement, puis à trotter.
C’était déjà énorme parce qu’on la voyait retrouver progressivement quelque chose d’aussi fondamental que la possibilité de se déplacer normalement.
Un mois et demi seulement après son arrivée, elle était même suffisamment en forme pour effectuer avec nous notre déménagement dans le Cher. Elle a très bien supporté le trajet, ce qui était déjà une belle étape dans son évolution.

Aujourd’hui, elle peut de nouveau se déplacer aux trois allures. Est-ce qu’il y a eu un moment précis où vous vous êtes dit : « Ça y est, elle est vraiment en train de retrouver une vie normale » ?
Oui, et je pense que je me souviendrai longtemps de ce moment : son premier galop dans son nouveau pré.
Nous avions reçu le signalement concernant Anémone en juillet 2025. Pendant plusieurs mois, nous avons accompagné ses propriétaires afin qu’ils fassent intervenir un pareur et commencent progressivement à raccourcir ses pieds, devenus beaucoup trop longs.
L’objectif était qu’elle puisse ensuite voyager jusqu’à l’association dans de bonnes conditions et sans souffrance.
Nous avons finalement pu accueillir Anémone en décembre 2025 et, peu de temps après, en février 2026, nous avons nous-mêmes dû déménager.
Nous étions toujours confrontés aux difficultés liées au foncier dans le sud de l’Oise et nous avons finalement fait le choix de nous installer dans le Cher, où nous avons pu acquérir un grand terrain pour l’association et les animaux.
Anémone a donc fait le déménagement avec nous et, quelques jours après son arrivée dans le Cher, nous l’avons vue galoper dans son nouveau grand pré.
Là, oui, je crois que je me suis vraiment dit : « Ça y est, elle retrouve une vie normale. »
Parce qu’il y avait une différence entre la voir remarcher après ses premiers parages et la voir choisir de galoper dans son pré. Elle ne se déplaçait plus uniquement parce qu’elle en était de nouveau capable : elle courait parce qu’elle en avait envie.
C’est vraiment autour de février que nous avons commencé à voir ces premiers moments où elle semblait bien dans son corps, où elle exprimait de nouveau de la joie et où elle profitait simplement de sa vie de ponette.
C’était extrêmement touchant.
Comment est Anémone aujourd’hui ? Avez-vous découvert une personnalité que vous n’auriez pas forcément pu voir lorsqu’elle est arrivée ?
Aujourd’hui, je pense que nous sommes encore en train de découvrir sa véritable personnalité.
Pendant très longtemps, Anémone pouvait passer pour une ponette assez distante, avec un caractère pas forcément évident. Mais avec le recul, je pense surtout qu’elle était constamment sur la défensive.
Même lorsqu’elle ne manifestait pas forcément de peur évidente, elle restait vigilante et ne se permettait jamais vraiment de lâcher prise.
Maintenant, nous découvrons progressivement une ponette beaucoup plus sereine. On peut la voir complètement décontractée avec les autres membres du troupeau et, depuis peu, on commence également à la voir se détendre avec nous.
Elle accepte davantage notre présence, commence à rechercher certaines interactions et apprécie de plus en plus le contact humain, notamment les gratouilles au garrot.
Elle commence réellement à profiter de ces moments sans rester constamment attentive à ce qui pourrait se passer autour d’elle.
Ce sont des choses qui peuvent sembler complètement banales avec un cheval, mais avec elle, ce sont de très grandes victoires.
Finalement, sa récupération physique a été beaucoup plus rapide que sa reconstruction psychologique. Ses pieds ont évolué en quelques semaines et elle a pu retrouver ses trois allures relativement rapidement.
Pour la confiance, en revanche, il aura fallu des mois.
Et je trouve que c’est important aussi de montrer cet aspect-là d’un sauvetage : remettre un animal physiquement sur pied ne veut pas forcément dire que tout est réparé.
Quand vous la regardez aujourd’hui, qu’est-ce que vous ressentez en repensant à l’état dans lequel elle est arrivée ? A-t-elle encore des séquelles de son passé ?
Il y a forcément beaucoup de satisfaction à la regarder aujourd’hui, surtout quand on repense à cette petite ponette qui ne se déplaçait quasiment plus à cause de l’état de ses pieds.
Aujourd’hui, elle marche, elle trotte, elle galope, elle vit avec ses congénères et surtout, elle commence enfin à nous montrer qu’elle se sent suffisamment en sécurité pour se détendre.
Mais malheureusement, elle garde aussi des séquelles de son passé.
Anémone tient toujours légèrement la tête penchée d’un côté et elle a perdu la vision d’un œil. Nous ne savons pas exactement ce qui a pu lui arriver avant sa prise en charge et nous ne connaîtrons peut-être jamais l’origine de ces séquelles.
Il y a également les conséquences de sa fourbure. Même si aujourd’hui elle se déplace de nouveau très bien, c’est quelque chose que nous devrons surveiller toute sa vie. Elle aura notamment besoin de parages très réguliers et d’un suivi attentif pour éviter autant que possible une récidive.
Finalement, quand je la regarde aujourd’hui, je suis évidemment très heureuse du chemin parcouru, mais je garde aussi en tête qu’un sauvetage n’efface pas forcément tout ce qui s’est passé avant.
On ne pourra peut-être jamais réparer certaines choses. En revanche, on peut faire en sorte qu’à partir de maintenant, elle ait une vie qui respecte ses besoins, qu’elle soit entourée de congénères, suivie correctement et qu’elle puisse simplement profiter de sa vie de ponette.
🤎 Belle : une histoire différente
L’histoire d’Anémone vous a également permis de découvrir Belle. Pouvez-vous nous raconter comment vous l’avez rencontrée et son histoire ?
C’est effectivement grâce à Anémone que nous avons découvert l’existence de Belle.
Lorsque nous avons pris contact avec les propriétaires d’Anémone pour essayer de trouver une solution, ils nous ont parlé d’une seconde ponette qui avait vécu avec elle pendant plusieurs années mais qui se trouvait alors dans un autre lieu : Belle.
En la découvrant, nous avons compris qu’elle se trouvait elle aussi dans une situation d’urgence, mais pour des raisons très différentes.
Belle était âgée de 29 ans et se trouvait dans un état de maigreur extrême. Elle avait tellement peu d’énergie qu’elle ne se déplaçait quasiment plus et passait l’essentiel de son temps immobile, dans un coin de son abri, à son arrivée.
Nous avons pu prendre en charge Belle dans un premier temps, tout en continuant à suivre Anémone et en accompagnant ses propriétaires afin que ses pieds puissent progressivement être raccourcis et qu’elle soit ensuite en mesure de voyager jusqu’à l’association dans de bonnes conditions.
Quand Belle nous a rejoints, très sincèrement, je n’étais absolument pas certaine que nous réussirions à la sauver.
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Elle vous a malheureusement quittés récemment. Malgré cette issue, qu’est-ce que vous retenez de cette année passée à ses côtés ?
Quand je pense à Belle, l’image qui me vient immédiatement, c’est vraiment celle d’un phénix qui renaît de ses cendres.
La ponette que nous avions récupérée était extrêmement maigre, épuisée et presque complètement éteinte. Elle ne se déplaçait quasiment plus et restait constamment dans un coin de son abri.
Quand on la regardait à ce moment-là, il était très difficile d’imaginer la ponette qu’elle allait devenir quelques mois plus tard.
Avec des soins adaptés, notamment dentaires, une alimentation spécifique avec des soupes très riches et énormément d’attention, elle a progressivement commencé à reprendre du poids.
Mais surtout, elle a retrouvé de l’énergie.
Et avec cette énergie, nous avons découvert son caractère.
Petit à petit, Belle a pu être intégrée au reste du troupeau et elle en est devenue, gentiment mais sûrement, un véritable élément clé. Elle ne se laissait absolument pas faire par les autres et, malgré son âge et son petit gabarit, elle savait très bien mener son petit monde à la baguette !
C’était assez incroyable à observer parce qu’on était passé d’une ponette qui semblait presque avoir renoncé à une ponette qui avait de nouveau des choses à dire, des copains avec lesquels interagir et une vraie place dans son troupeau.
Nous savions évidemment que le temps avec elle serait probablement limité. Belle avait déjà 29 ans lorsque nous l’avons récupérée.
Elle nous a finalement quittés cet été, à l’âge de 30 ans, après avoir passé un peu plus d’une année avec nous.
Bien sûr, nous aurions aimé que cette histoire dure beaucoup plus longtemps. Mais quand je repense à son arrivée et à tout ce qu’elle a vécu pendant cette dernière année, je suis surtout heureuse que nous ayons pu lui offrir ce temps-là : des soins adaptés, une alimentation correspondant à ses besoins, des congénères, de l’espace et surtout beaucoup de sérénité.

Est-ce que certains animaux vous apprennent justement que « sauver » ne signifie pas toujours les garder longtemps, mais parfois simplement leur offrir quelques mois ou quelques années de confort et de sécurité ?
Oui, complètement. Et je pense que Belle représente parfaitement cette réalité.
Quand on parle de sauvetage, on imagine facilement une histoire qui se termine par un animal complètement rétabli et qui vivra encore de très nombreuses années. Mais ce n’est pas toujours possible, particulièrement lorsque nous accueillons des animaux très âgés ou dont la santé a été fragilisée pendant longtemps.
Nous avons accueilli Belle à 29 ans. Nous savions que nous ne pourrions pas lui rendre toutes les années qui étaient derrière elle et que nous n’en aurions probablement pas énormément devant nous.
En revanche, nous pouvions décider de ce que seraient les mois ou les années qu’il lui restait.
Et je pense que c’est aussi ça, sauver un animal.
Ce n’est pas forcément réussir à prolonger sa vie pendant dix ans. Parfois, c’est lui offrir un an pendant lequel il n’a plus faim, pendant lequel il reçoit les soins dont il a besoin, retrouve des congénères, peut se déplacer, reprendre des forces, exprimer son caractère et simplement vivre comme l’animal qu’il aurait toujours dû pouvoir être.
Évidemment que perdre Belle a été extrêmement difficile. Mais je ne considère absolument pas son histoire comme un échec.
Cette année avait énormément de valeur et, finalement, c’est peut-être justement son histoire qui nous a le mieux appris qu’on ne mesure pas la réussite d’un sauvetage au nombre d’années que l’on parvient à gagner.
Nous ne pouvons pas changer ce qu’un animal a vécu avant d’arriver chez nous. Nous ne pouvons pas non plus lui promettre combien de temps il lui reste.
En revanche, nous pouvons faire tout notre possible pour que ce temps soit le plus confortable, serein et respectueux possible.
Et c’est exactement ce que nous avons essayé d’offrir à Belle.
Un immense merci à Perrine
Un grand merci à Perrine pour nous avoir confié les histoires d’Anémone et de Belle, et pour avoir pris le temps de nous faire découvrir leur parcours avec autant de sincérité.
À travers ces deux histoires, Équin Serein nous rappelle que le sauvetage ne se résume pas toujours à réparer ce qui peut l’être. Il s’agit aussi parfois d’offrir à un animal de la sécurité, des soins, des congénères, du confort et simplement la possibilité de vivre pleinement le temps qui lui reste.
Et l’histoire d’Équin Serein ne s’arrête évidemment pas à Anémone et Belle. Dans une seconde partie, Perrine nous présentera plus largement l’association, son fonctionnement, sa philosophie et les réalités du quotidien lorsqu’on choisit de consacrer sa vie à offrir une nouvelle chance aux animaux. 🐴🤍
